Tome 31

Fascicules 1 et 2

Janvier à juin 2023

Paru le 23 décembre 2025

 

Sommaire du fascicule 1

Girardin (Michel). Tératologie génitale chez un exemplaire mâle d’Adscita mannii (Lederer, 1853) des Alpes-Maritimes (Lepidoptera Zygaenidae Procridinae) [3 p.]

L’auteur décrit et figure une remarquable forme tératologique affectant la structure des genitalia mâles d’un Adscita mannii.

Jugan (Denis). Disponible en ligne. Liste régionale des Papillons de nuit de Franche-Comté. Version 4. [1 p.]

L’auteur relate la récente actualisation, disponible sur Internet, de la liste des Lépidoptères hétérocères de Franche-Comté.

Lévêque (Antoine). À propos de la présence de Plusia putnami Grote, 1873, en Ardèche (Lepidoptera Noctuidae Plusiinae) [8 p.]

L’auteur rapporte plusieurs témoignages contemporains relatifs à la Plusie des Laîches dans le département de l’Ardèche, où la présence de cette espèce n’avait été relevée qu’une seule fois jusqu’alors, près d’un demi-siècle auparavant.

Lévêque (Antoine), Lopez-Vaamonde (Carlos) et Palussière (Laurent). À propos de Cilix hispanica : présence en Indre-et-Loire et façon de le reconnaître plus facilement sur le terrain (Lepidoptera Drepanidae Drepaninae) [12 p.]

La présence de Cilix hispanica est signalée pour la première fois dans le département de l’Indre-et-Loire. En outre, les auteurs dévoilent un caractère morphologique inédit permettant de différencier de manière certaine hispanica des formes claires de glaucata sans avoir recours à l’examen des genitalia ni des codes-barres ADN. Par ailleurs, l’holotype et les deux paratypes de Cilix algirica sont figurés.

Lévêque (Antoine) et Tautel (Claude). À propos de Xanthorhoe sardisjuncta en Corse : description d’une nouvelle sous-espèce (Lepidoptera Geometridae Larentiinae Xanthorhoini) [17 p.]

Xanthorhoe sardisjuncta Hausmann, 2011 — l’espèce tyrrhénienne vicariante de Xanthorhoe fluctuata (Linnæus, 1758), récemment découverte en Corse — se révèle être la seule de ces deux espèces qui est présente sur cette île. Ces populations corses montrent des caractéristiques « intermédiaires » entre X. fluctuata et les populations sardes typiques de X. sardisjuncta. Leur habitus évoque davantage celui des fluctuata du continent que celui des sardisjuncta de Sardaigne, quoique légèrement différent, tandis qu’elles sont clairement apparentées génétiquement à sardisjuncta. Bien qu’elles partagent le même BIN, les populations corses de sardisjuncta et celles de Sardaigne forment deux sous-ensembles distincts, leurs codes-barres ADN respectifs montrant une divergence de 0,3 % en moyenne. Nous nous fondons sur ces différents éléments pour décrire les populations corses sous le nom de X. sardisjuncta pseudofluctuata n. ssp.

Luquet (Gérard Chr.). Éditorial. [4 p.]

Luquet (Gérard Chr.). Brefs sondages lépidoptériques sur quelques îles de la Manche et de l’Atlantique (Insecta Lepidoptera) [24 p.]

Constatant, lors d’une étude relative aux Lépidoptères de l’île de Noirmoutier (Vendée), la rareté des travaux consacrés aux Lépidoptères des îles proches du littoral de la Manche et de l’océan Atlantique, l’auteur rassemble les résultats de quelques relevés lépidoptérologiques occasionnels ou de courte durée réalisés entre 2016 et 2024 sur les îles de Bréhat et des Ébihens (Côtes-d’Armor), de Belle-Île-en-Mer (Morbihan), ainsi que d’Aix et d’Oléron (Charente-Maritime).

Tarrier (Michel R.). Colin William Wyatt, un entomologiste atypique par excellence. [12 p.]

Le présent travail procure une approche biographique de Colin William Wyatt, lépidoptériste notoire, aux activités éclectiques et parfois surprenantes, et dresse une liste complète de ses publications entomologiques.

 

Sommaire du fascicule 2

Fongueuse (Pierre-Olivier). Un énigmatique exemplaire en mosaïque de Colias crocea (Geoffroy in Fourcroy, 1785) (Lepidoptera Rhopalocera Pieridae Coliadinae) [9 p.]

Un spécimen de Colias crocea d’un habitus très particulier a été découvert dans une collection a priori banale. Il s’agit d’un exemplaire énigmatique, revêtant l’aspect d’un gynandromorphe « en mosaïque » juxtaposant deux colorations, celle typique d’un mâle (jaune orangé vif) et celle d’une femelle de la morphe helice (blanc presque pur), forme héréditaire liée au sexe, phénomène à double titre exceptionnel, puisque mêlant les caractères d’un mâle et simultanément ceux d’une femelle relevant d’une forme bien moins courante que la forme nominative de même teinte que le mâle. De surcroît s’y ajoute une troisième particularité : ce spécimen présente un reflet nacré au revers des ailes postérieures. Ce type de reflets irisés, qu’ils soient nacrés ou argentés, reste un caractère ne s’exprimant que très rarement chez cette espèce. L’exploration de divers travaux consacrés au gynandromorphisme et à la présence de reflets irisés chez les Colias et leurs aberrations à coloration très atypiques déjà connues n’a pas permis de parvenir à un diagnostic indubitable en ce qui concerne le spécimen ici décrit. Accessoirement, une remarque purement anecdotique rapporte une modification partielle de la coloration de ce spécimen au cours de sa conservation.

Lantz (Marie-André). Une Tordeuse peu commune observée en 2023 dans le Parc des Beaumonts : Spatalistis bifasciana (Hübner, [1787]) (Lepidoptera Tortricidae Tortricinae) [15 p.]

Après un bref descriptif du site montreuillois (Seine-Saint-Denis) au sein duquel un imago de Spatalistis bifasciana fut attiré au moyen d’un dispositif à diodes électroluminescentes de la marque LepiLED®, l’auteur passe en revue les observations anciennes publiées, ainsi que les données concernant les imagos conservés dans les collections de Microlépidoptères du M. N. H. N. à Paris. Les observations récentes versées sur plusieurs sites Internet complètent le jeu de données. Une carte de répartition ainsi qu’un graphique phénologique sont proposés.

Lévêque (Antoine). Les surprises d’une prospection nocturne à Saint-Hilarion (Yvelines) (Lepidoptera Erebidae Arctiinae et Noctuidae Plusiinae) [4 p.]

L’auteur relate l’observation d’un accouplement interspécifique entre deux Eilema au sens large ainsi que la présence d’une Plusiine migratrice très rarement observée en Île-de-France.

Lévêque (Antoine). Cilix hispanica Pérez De-Gregorio & al., 2002, découvert dans le Loiret (Lepidoptera Drepanidae Drepaninae) [2 p.]

La présence de Cilix hispanica est signalée pour la première fois dans le département du Loiret, d’après un exemplaire observé le 19 septembre 2025. Les mentions les plus proches connues jusque-là se situaient en Indre-et-Loire.

Luquet (Gérard Chr.). Brève note à propos du dédicataire de la Tordeuse Cochylis sudana Duponchel, 1836 (Lepidoptera Tortricidae) [5 p.]

Le lépidoptériste d’origine helvétique Jacques Sudan (°1774 – † 1843), distillateur à Paris, demeure presque totalement ignoré dans les ouvrages classiques de biobibliographie entomologique. Le présent travail tente de rassembler les quelques rares informations disponibles sur la vie de cet entomologiste.

Luquet (Gérard Chr.). À propos de la localité de La Mothe (Deux-Sèvres) relevée dans la collection Robert de Clermont (Insecta Lepidoptera) [4 p.]

La présente note a pour but de rectifier une erreur concernant la localisation géographique du toponyme mentionné sous les formes « La Motte » ou « La Mothe » dans la collection de Lépidoptères de Robert de Clermont. La localité concernée, qui se situe dans le département des Deux-Sèvres, ne correspond pas à La Mothe-Saint-Héray, mais au château de La Mothe-aux-Gentilshommes, sur la commune de La Peyratte.

Tautel (Claude) et Lévêque (Antoine). Idaea altivolaria (Bubacek, 1923), espèce tyrrhénienne, et les taxa associés à Idaea sericeata (Hübner, [1813]), avec la description de deux nouvelles espèces (Lepidoptera Geometridae Sterrhinae Sterrhini) [52 p.]

Idaea altivolaria (Bubacek, 1923), stat. nov., initialement décrit comme une variété (à valeur de sous-espèce), mais plus récemment traité comme une simple forme corse d’Idaea sericeata, se révèle constituer une espèce distincte de cette dernière. Ses genitalia mâles et femelles sont présentés. L’étude de son code-barres ADN est réalisée pour la première fois. Tyrrhénienne stricte, elle est endémique de Corse et de Sardaigne ; sa répartition en Corse est précisée. Deux syntypes de la collection Bubacek datant de 1921 ont été retrouvés au Muséum de Vienne (Autriche) : un lectotype et un paralectotype sont ainsi désignés.

Afin de mieux situer sericeata et altivolaria, les auteurs examinent et figurent les autres taxa associés à Idaea sericeata (Hübner, [1813]). La distribution du taxon calvaria Wehrli, 1927, précédemment traité comme sous-espèce de sericeata et maintenu ici comme telle, est restreinte à la péninsule Ibérique, où il est endémique ; ses genitalia mâles et femelles sont présentés. Le taxon subrecta Prout, 1935, initialement décrit comme une sous-espèce, mis en synonymie de calvaria au début des années 2000, puis à nouveau en 2019 après avoir été élevé entre temps au rang d’espèce, est réhabilité, et à nouveau élevé au rang d’espèce ; celle-ci, dont les genitalia mâles et femelles sont présentés, est endémique du Maroc. Idaea lahmi n. sp. est décrit de l’Atlas marocain, mais vole jusqu’en Tunisie ; ses genitalia mâles et femelles sont présentés et l’holotype est conservé au MNHN (Paris). Idaea convergolineata n. sp. est décrit du Maroc, où il n’est connu que de la localité-type, et donc endémique de ce pays ; ses genitalia mâles et femelles sont présentés et l’holotype est conservé dans la collection d’Harald Lahm (Allemagne). Le statut spécifique d’Idaea allardiata (Mabille, 1869), décrit d’Algérie, est réaffirmé, ses genitalia mâles et femelles sont présentés et l’holotype, aujourd’hui conservé à la ZSM (Munich), est figuré ; sa présence au Maroc est confirmée. Une carte de répartition centrée sur le sud de la péninsule Ibérique et le Maghreb permet de mieux visualiser l’imbrication de ces différents taxa en Afrique du Nord. Un arbre phylogénétique, construit à partir des codes-barres ADN disponibles pour cinq des sept taxa appartenant au complexe d’espèces de sericeata, est présenté et commenté. Une riche iconographie permet de comparer les habitus de tous ces taxa et ainsi de mieux appréhender à la fois leur grande similarité et leurs différences. L’examen du huitième sternite abdominal des mâles se révèle d’une grande utilité pour séparer les membres de ce complexe, dont la détermination apparaît particulièrement délicate.